Leçon n° 1
Comment reconnaître un con au bureau ?
Au même titre que Dieu, les trous noirs, la réussite ou la non-réussite d’une crème renversée, ou la prolifération des nains de jardin, le con au bureau est à lui tout seul un défi aux lois de l’Univers. Comme, très curieusement, il n’a jamais fait l’objet d’études ni poussées ni poussives – et bien que ses ancêtres polluent les ambiances de travail depuis que les ambiances de travail existent, et qu’il n’y ait pas une personne au travail qui ne soit tombée un jour sur un con –, il est encore, au jour où j’écris, difficile de s’accorder sur une définition vraiment précise du con au bureau.
Le point d’achoppement à un consensus et à une définition universelle étant que chacun d’entre nous a une tolérance et une résistance à la connerie qui lui sont propres. Cette résistance variable que je pourrais expliquer, c’est un peu comme le capital soleil. Dès notre plus jeune âge, nous disposons d’un capital de résistance à la connerie qui nous est spécifique. Cela relève donc en partie de l’histoire personnelle de chacun et de la gestion de son terrain allergogène.
Il est probable, par exemple, que des vacances en club, au camping, confiné avec une paranoïaque qui vous harcèle pour du harcèlement qui n’existe que dans sa tête parce que vous avez des traits du père, ou cloîtré sur un bateau avec des désormais ex-amis aient pu développer un fort terrain allergisant… Qu’importent d’ailleurs les facteurs déclenchants ou aggravants ; ce sont là quelques pistes…
La connerie au bureau : une fatalité qui se combat
Malgré la complexité liée à la multiplicité des variables à intégrer, je vous propose de revisiter la non-définition de Jean Rigade – non-définition qui s’applique aux cons en général et, pour ce qui nous concerne ici, adaptée aux cons au bureau en particulier :
Un con au bureau, ça ne se définit pas. On ne peut donner que des exemples.
Des exemples de cons au bureau et même en plein air (on dira alors « cons en bureau paysager »), il est vrai qu’il y en a tout plein ! Et, comme il n’y a pas de mal à se faire du bien, je vous propose d’y penser avec fortitude.
Au cas peu probable où vous manqueriez d’inspiration, n’hésitez pas à reprendre votre dernière évaluation, ou à piocher au hasard un e-mail à la con que vous auriez reçu d’un vrai con au bureau.
Là aussi, et comme vous le constaterez, il y en a tout plein !
En règle générale, si l’on choisit ses amis et ses amours, il est plus rare de choisir ses collègues de travail, et plus rare encore de choisir ses supérieurs hiérarchiques. L’équipe géniale d’hier qui vous fit dire « on » en parlant avec des trémolos dans la voix de votre entreprise et de ses succès a disparu corps et biens au panthéon de vos illusions. Vous n’allez plus en klaxonnant aux grands-messes annuelles et, le matin, vous vous surprenez à dire en soupirant à votre conjoint ou, à défaut, à votre animal de compagnie : « Et dire que je vais retrouver tous ces cons », ce qui est certainement un peu outrancier mais, admettez-le, assez lucide.
Comme le disait presque Pascal :
Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien ; et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude. Et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que le con au bureau n’est pas. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien ; ça ne pourra pas être pire qu’avant. Gagez donc qu’il n’est pas, sans hésiter.
Faut-il pour autant fuir tout de suite ? La réponse est clairement non ! Comme le disait un philosophe junkie que les érudits reconnaîtront : « Les choses ne changent pas, il suffit de changer sa façon de les regarder. » Cela ne sous-tend pas arriver défoncé au bureau – quoique, cela pourrait peut-être aider à mieux supporter la connerie, comme le pot belge aide les sportifs à mieux supporter les doses d’entraînement –, mais changer de façon radicale son approche de la connerie !
Aussi, en attendant l’éventualité de cet heureux et définitif événement qu’est la fuite et qui laissera derrière vous toutes ces petites préoccupations d’honnête travailleur, il y a encore du taf, les 35 heures, Ségolène Royal, et une retraite cabotine qui recule bizarrement au fur et à mesure que vous vieillissez. Qui plus est, le diagnostic est fait. Alors, soyons sincère, ne tergiversons plus et disons-le tout de go, lorsque la première idée qui vous vient à l’esprit le matin en posant le pied sur votre moquette (fût-elle molletonnée), c’est : « Oh, putain, tous ces cons ! », avec cet indicible sentiment de lassitude et d’engloutissement propre au noyé en haute mer, alors on peut dire sans risque d’erreur que c’est un signe qui ne trompe pas. Votre bureau est contaminé ! Aussi devez-vous agir ou, du moins, réagir !
Après avoir souscrit comme tout un chacun et toute une chacune à l’épanouissement au travail (autrement nommé la grande aventure par ses inventeurs), après avoir joyeusement cotisé au repas de fin d’année où les couples officiels se font et se défont au profit et au rythme de la culture d’entreprise, dans toute carrière qui se respecte, passé ces quelques années, vient le moment où l’enthousiasme primesautier commence à s’émousser.
Dans ce même ordre d’idées, après avoir souscrit à tous les stages d’» incentive » et joué à qui mieux mieux au paintball en vous roulant dans la boue avec vos petits camarades, votre motivation ne peut qu’avoir été largement revue à la baisse. Dès lors, vous passeriez bien à un stade supérieur beaucoup plus incisif du genre paintball avec tir à balles réelles, saut à l’élastique sans élastique, ou encore raft en équipe dans les chutes du Niagara par temps super énervé. Histoire non plus de souder quoi que ce soit, mais, de façon certes très triviale, d’essayer d’en dessouder quelques-uns.
Aussi, face à tous vos nouveaux projets à vocation d’assassinat d’hypocrisie, vous interrogez-vous. Vous vous posez ainsi mille et une questions : « Que s’est-il passé pour que j’en sois arrivé là ? » ; « Quel génie malfaisant a pu ainsi et à ce point torpiller mon légendaire entrain et changer mon paradis originel en no man’s land répulsif ? » ; « Qui a pu transformer mes journées en centre d’entraînement à la guérilla urbaine ? »… Allez, ne cherchez plus, c’est ce con au bureau. Ce constat sibyllin laissant à penser que les cons, lorsqu’ils ne déclarent pas des guerres propres, se replient dans les bureaux pour foutre le bordel.
Si c’est moche, loin de moi l’idée de vous faire croire que vos pulsions relèvent du politiquement correct. Soyez tranquille, tous les médecins honnêtes du travail vous le diraient, à commencer par le premier d’entre eux, le Dr Nietzsche : « Humain trop humain. Vas-y, va ! » Mieux, selon moi, c’est même sain.
Fréquentation des cons aidant, après la niaque entrepreneuriale originelle, vous en êtes arrivé, petit à petit, à une envie plus raisonnable et pour le moins minimaliste : « survivre en milieu hostile » et « faire bouillir la marmite ». Cela fait certes moins hype et in the move dans les dîners mondains, et vous sentez dans les yeux de votre partenaire comme un tassement, voire un effondrement de son admiration. C’est un petit peu ennuyeux pour l’ego, mais cela présente au moins le mérite d’être sincère. Le privilège de l’âge étant, au bout du bout, d’arrêter de se mentir tout en continuant, par schizophrénie parentale, à faire croire pêle-mêle à ses enfants que le Père Noël existe, que Dieu aussi d’ailleurs, mais qu’il fait moins de cadeaux et n’a pas vu le reportage sur le Darfour. Qu’enfin, si certains enfants se comportent comme des cons, c’est qu’ils sont malheureux, même si, vous le savez très bien, petit con deviendra grand… Et là, vous savez de quoi vous parlez… il se trouve que le con au bureau, c’est son père.
Aujourd’hui, vous en avez fait le constat un peu amer, si vous allez encore travailler tout en en étant revenu (jeu de mots), il est clair que vous avez dépassé les illusions du travail « où-c’est-la-totale-pure-éclate-grave-de-chez-grave ». Le paradis en a pris un coup et vous avez opté pour un plus raisonnable et réaliste : « Quelle merde ! », « Quel bordel ! » ou, encore, un plus urbain : « Vivement vendredi ! » Et si, dès le lundi, vous commencez à vous préoccuper de la météo du week-end, sans percevoir toutefois la différence entre un cumulus et un cumulonimbus, c’est que, et tout prévisionniste (même mauvais) vous le dira, votre motivation a été revisitée.
Ces réflexions profondes peuvent être assorties de quelques jurons dont vous saupoudrez votre quotidien comme vous ajouteriez du gruyère dans votre salade verte, jurons pour le moins révélateurs de la situation. Au rang de ces jurons, j’ai pour monsieur : « Je vais le buter ce gros con ! », et pour madame : « Quelle grosse connasse ! » Il est utile de rappeler ici que, d’un point de vue purement sémantique, les termes connard ou connasse (et non connarde), bien que relevant indéniablement de la famille des cons, confèrent un sens tout à fait particulier. En effet, si le connard est un con, il me semble qu’il se situe légèrement au-dessus du con de base. Pour que vous puissiez le situer et ne pas vous fourvoyer dans cette ontologie complexe, je dirais :
Le connard est au con ce que la noblesse est à la bourgeoisie.
Mais dépassons ces débats sémantiques pour revenir à l’essentiel. Autant se l’avouer, les années ont gâté la mariée. Par un odieux jeu de chaises non maîtrisé (du moins non maîtrisé par vous), vous vous êtes retrouvé confronté à vos premiers cons au travail, pour ne pas les nommer, souvent des n + 1 sortis de nulle part. Très vite, et sans pourtant beaucoup les connaître, vous avez compris que derrière cette étrange formule mathématique se cachaient parfois des hommes ou des femmes qui, pour le coup, étaient de vrais cons.
Avant de poursuivre, rappelons que contractuellement un n + 1 n’est nullement tenu d’être ou de devenir con. Ce n’est pas dans son plan de charge ! Le n + 1, au moins au départ, désigne seulement celui ou celle qui a été mandaté (par on ne sait trop qui) pour vous pourrir la vie au quotidien, ce qu’il fait (il faut le reconnaître) avec une grande conscience professionnelle, une grande rigueur et, parfois même, beaucoup de zèle. Pour autant, ce n + 1 appliqué, détaché à votre emmerdement personnel de proximité, ne doit pas vous faire oublier que d’autres cons peuvent aussi vous pourrir la vie d’un peu plus loin. On les appelle les n + 2 et les n + 3. Si vous les voyez moins, c’est uniquement parce que, par commodité symbolique, tout comme les produits dangereux dans une cuisine, ils sont rangés à des étages supérieurs.
Si j’attire votre attention sur ces cons-là, c’est parce qu’ils peuvent tout à fait être responsables et coupables du comportement du n + 1. Ce que souligne fort à propos le célèbre anthropologue San-Antonio.
Dans une administration, plus qu’ailleurs et autant que dans l’armée au moins, tu dois te soumettre au supérieur. Voilà pourquoi tu as tellement tendance à faire chier l’inférieur. L’inférieur, c’est ta compensation, ton aspro, ta soupape !
Si le propos n’est évidemment pas ici de trouver de quelconques excuses à votre persécuteur attitré – loin de nous cette idée horrible –, il est bon cependant, comme disait l’autre théâtreux qui n’était pas con, de raison garder.
Devenir très très con est bien à la portée de tout un chacun, cela se nomme un phénomène translatif de réaction. Il est de nombreux exemples où des gens a priori plutôt bien finissent, sous la pression et dans certaines circonstances, par devenir de belles ordures. L’humanité, c’est aussi cela ! Et si je ne dispose pas de statistiques précises sur le taux de reproduction des cons au travail, de très nombreux témoignages indiquent que ça doit y aller fort… Un peu comme lors de la Première Guerre mondiale, où chaque famille connaissait au moins un mort, un peu comme pour le chômage, où chaque famille compte ou a compté un demandeur d’emploi, tout le monde connaît un con au bureau. Bref, il y a de très grandes chances – c’est là évidemment une façon de parler – que vous vous trouviez dans une foutue merde.
Si on a coutume de dire qu’un con, ça promet, – un con malheureusement, et il faut en prendre acte –, c’est aussi promu. En revanche, pour ce qui a trait au départ de cons, s’ils sont (en référence à la même loi) également fréquents, ils sont beaucoup moins visibles puisque, bien entendu, personne ne se sent obligé d’assister à leur départ. Le con au bureau, lorsqu’il quitte l’entreprise, fête donc son départ tout seul comme un grand, et c’est tant mieux, c’est même bien fait ! On pourrait dire finalement qu’il fête son départ comme un vrai con !
Au risque de vous rappeler des moments bien douloureux, remémorez-vous ces instants quasi extatiques qui ont pu vous faire croire un instant que vous possédiez quelques pouvoirs cachés de type GPS à cons intégré, ces instants où, tels Daredevil, Iron Man et les autres copains, vous l’avez détecté au premier contact. Ce fut un peu comme un coup de foudre en négatif. En lui serrant à contrecœur sa main moite (de toute façon, même sèche vous l’auriez trouvée moite), vous vous êtes dit : « C’est lui (ou c’est elle) ! »
Il est vrai que découvrir un con est une expérience singulière. C’est même une révélation, une espèce de passage à Lourdes où se produirait un vrai miracle, mais à l’envers.
Reconnaître le con au bureau, vous l’admettrez à rebours, est d’une simplicité déconcertante, c’est purement animal. La répulsion est aussi immédiate que physique. C’est bien simple, tout en eux vous révulse : leur façon de parler, de rédiger leurs e-mails, d’être, de rire et de hurler, de boire et de pisser, de manger et de faire chier. Pour faire simple, ce qui vous révulse le plus chez eux, c’est très globalement leur façon de tout. De sorte que l’on peut admettre ici le postulat que d’un con – parce que cela se ressent et que cela se pressent –, vous pouvez en un coup d’œil évaluer le potentiel de saloperie qu’il s’apprête à commettre.
Après, et bien que certains s’en défendent, il y a toujours une espèce de petite jubilation personnelle à pouvoir dire qu’on ne s’était pas trompé et une envie irrépressible de dire : « Je vous l’avais bien dit ! » Tu parles, Pyrrhus, d’une victoire !
La conophobie
Cette réaction physiologique établie, équivalente à l’arachnophobie (autrement dit, les 30 araignées vous angoissent), vous faites ce qu’il convient de nommer un rejet. En terme médical, cela s’appelle une conophophie (autrement dit, les cons vous angoissent). La conophobie, comme toutes les zoophobies, est une phobie dite simple par opposition aux phobies complexes que sont l’agoraphobie ou les phobies sociales. La conophobie a même des origines très comparables aux origines de l’arachnophobie. Elles sont à la fois génétiques et culturelles. D’un point de vue génétique, les premières rencontres angoissantes de l’homme préhistorique avec cette créature étrange qu’est le con de la grotte voisine qui piquait le feu de vos ancêtres, comme aujourd’hui le con au bureau vous pique vos résultats, se sont transmises de génération en génération pour finir par s’ancrer dans l’inconscient collectif. Sans doute est-ce la raison pour laquelle-comme culturellement des proches ont pu vous alerter très jeune de l’existence de Dieu -vous avez admis très tôt l’existence des cons au travail.
Devenu phobique aux cons au bureau, vous dissimulez avec plus ou moins de talent votre « insupportation » dès lors que vous vous trouvez en leur présence. C’est ennuyeux ! Si un con doit évidemment être pris pour ce qu’il est, à savoir un con, il n’est pas très utile qu’il soit tenu informé heure par heure de votre opinion. Le con n’aime pas du tout être pris pour ce qu’il est. C’est comme ça. Aussi devez-vous apprendre à en tenir compte. Si votre jugement se lit sur votre visage, si, lorsque vous le croisez, il peut y voir clairement inscrit « pauvre con », il faut travailler d’arrache-pied cette petite faiblesse. La chasse au con au bureau (on dit aussi taquiner le con) se pratique comme la chasse à la botte. L’approche doit être lente et, surtout, à bon vent si l’on ne veut pas voir le con au bureau partir hors de portée. Parce que ce con est méfiant, sa chasse demande de l’adresse et de la maîtrise de soi. Mon conseil : prenez une glace, prononcez son nom et exercez-vous à gommer vos grimaces, rougeurs et airs exaspérés. (Une photo du dernier repas de fin d’année peut également servir de support !)
Exposé de façon régulière, vous pouvez également développer d’autres difficultés. Parmi les troubles les plus communs constatés, vous pouvez somatiser en attendant dans l’anxiété la prochaine vacherie. À ce stade, si même quand il n’est pas là il est encore là, il n’est plus utile de vous voiler la face, le cas est très sérieux, votre phobie au con au bureau est avérée. Vous faites ce qu’il est d’usage d’appeler en langage scientifique une connarium allergitum. Sans entrer dans les détails, sachez que c’est à peu près aussi dangereux que l’influenza aviaire pour les canards, mais là, et comme vous l’aurez compris, cela s’applique aux connards. Trépigner, vociférer, hurler, chouiner, vous rouler par terre n’y changera rien. Lorsqu’il y a allergie grave et que ça vous démange, il faut traiter ! Un traitement adéquat nécessitant de mettre d’abord le ou les virus en observation pour caresser l’espoir de devenir pour les cons au bureau ce que Pasteur fut à la rage et Schwarzenegger, au cinéma d’auteur : un éradicateur averti. Vous pourrez alors, et par la suite, envisager des traitements de masse et assurer un essaimage bénéfique de votre savoir-faire. Il vous faudra simplement assumer ce nouveau statut d’exorciste. Je gage alors que vous serez très demandé.
Oui, les cons au travail sont une vaste et belle communauté qui prospère. Tels les envahisseurs surgis de nulle part (enfin si, de quelque part, mais d’oùkonsaitpas), les cons au travail Se déclinent au pluriel dans l’organisation : un con, deux cons, trois cons, quatre cons… pour former des bandes de cons sans pour autant – il n’y a donc pas obligatoirement de rapport de cause à effet – taper dans un ballon. Paradoxe, et non des moindres, que vous aurez relevé : malgré ce gène récessif commun, si les cons au bureau peuvent cohabiter à leurs différents niveaux de connerie, ils ne sont pas pour autant et toujours les meilleurs amis. De loin s’en faut !
Cela peut même aller jusqu’à la détestation. Les raisons, alors, échappant au domaine de la raison. Dans ce même mouvement, les cons au bureau peuvent en arriver à déclencher des batailles rangées de cons qui, il faut bien le dire, peuvent être fort dévastatrices, même si celles-ci, le plus souvent, sont assez risibles.
Dans d’autres cas, après vous avoir mis dans une belle panade, parce qu’ils réalisent soudain les dégâts de leurs conneries respectives et combinées, ils peuvent, mués par je ne sais quel stupide instinct de survie, se rejeter la faute. On dit alors qu’ils jouent au con puisque cela leur permet de faire ce qu’il est convenu d’appeler de « grosses conneries ». Par la suite, une fois l’échec bien con-sommé, ils n’hésitent pas à se mettre d’accord entre eux pour vous rejeter la faute à coup de : « Je n’ai jamais demandé cela »,
« Vous aurez mal compris » ; bref, et je n’insiste pas, vous connaissez.
Il est vrai que, lorsque les intérêts supérieurs de la connerie sont en jeu, les cons peuvent faire des alliances stratégiques contre nature. Cela s’appelle indifféremment : une catastrophe, ou Tchernobyl, ou Clearstream (histoire que vous situiez ce concept).